ATELIER D'ECRITURE CONFINE : L'ECHAPPEE BREIZH


 

" Je t'écris parce que t'écrire, c'est être avec toi. "

                                                                      P. Besson


Bonjour à tous, merci de m'accueillir chez vous !

 

"L'écriture est une respiration" a écrit Julien Green

 

Sur cette page, je vous propose un atelier d'écriture libre et ouvert à toutes et à tous,

un temps de respiration ensemble !

Chaque jeudi et lundi, je vous enverrai un jeu d'écriture.

Ceux qui le souhaitent pourront poster sur cette page leur écrit et

ainsi participer à une récolte printanière de mots, graines de vie et de lumière, à diffuser.

 

Les jeux d'écriture comporteront des consignes de longueur,

simplement pour permettre au plus grand nombre de participer.

 

Je vous invite à devenir les colibris du renouveau grâce à vos mots et

aux intentions que vous déposerez dans ceux-ci.

Le jeudi est dédié à Jupiter, le Dieu des dieux, la réussite.
Le lundi est dédié à la lune, réfléchie par le soleil, spiritualité, forces psychiques de tout être vivant.

 

Alors à vos plumes, rendez-vous jeudi 19 mars !


Et belle écriture à vous.

Au plaisir de vous lire !
Bien à vous

Virginie


LUNDI 13 AVRIL 2020 -JEU N°8

 

LUNDI 13 AVRIL 2020 - JEU N°8

 

 

 

Voici une nouvelle proposition d’écriture

 

Je vous souhaite un lundi en conscience 😊

 

 

 

Ecriture méditative – Avant de vous lancer dans cette écriture, lisez attentivement ce qui suit.

 

 

Je vous invite à vous installer devant votre cahier, carnet ou feuille. N’inscrivez rien. Ni date. Ni numéro. Rien. Observez simplement le vide des pages immaculées, le blanc du papier, tout en vous concentrant sur votre respiration, pendant 10 minutes. Observez votre inspiration et votre expiration. Comme si elles devenaient la chose la plus importante pour vous. Et tout accueillant votre respiration, regardez la feuille devant vous, devenez la feuille, comme si votre âme et celle du papier se confondaient, devenaient une. Sans juger. Ni interpréter. Confondez vous avec le papier au rythme de votre respiration. Pendant 10 minutes.

 

Au bout de 10 minutes, détendez-vous, puis prenez une inspiration profonde. A la fin de cette inspir ample, « capturez » le premier mot ou la première image qui vous vient. Ecrivez le mot qui vous est venu ou le mot qui représente l’image sur l’expiration. Ecrivez ce mot en conscience, alors que l’air filtré à travers votre sang et votre cœur se libère de vos poumons. Puis, encerclez ce mot, comme un soleil sur le ciel de votre page. Que vous inspire-t-il ? laissez aller votre plume, sous la forme d’un petit texte, d’un poème ou ce qui vous conviendra comme forme. Vous pouvez réitérer cette écriture méditative sur autant d’inspir et d’expir que vous le désirez. Votre cœur vous indiquera quand il aura terminé de vous souffler ses mots.

 

Si vous le souhaitez, vous pouvez partager sur page

 


 

Merci à vous et belle écriture !

 

Virginie

 

 

 

 


Commentaires: 75
  • #75

    brigitte(no15) (mercredi, 13 mai 2020 17:33)

    Transformer
    Travailler, quelque soit le travail,c'est
    Réfléchir à l'essentiel
    Aménager le temps et l'espace
    Nécessaire à la concentration
    Sourire quand tout semble clair
    Faire, pour atteindre l'objectif décidé
    Organiser tranquillement, calmement
    Ranger les fragments de souvenirs, perceptions et théories
    Manager son égo s'il gonfle trop
    Éviter toute dispersion inutile
    Rester calme et serein car tout est accompli.

  • #74

    marcel B (samedi, 09 mai 2020 00:03)

    Transformer:
    Terminé le confinement,
    Retour aux trépidations de la vie.
    Anciennes habitudes?
    Nouveaux comportements?
    Sauront nous tirer leçons
    Forts d'une longue pause?
    Océans, forêts, animaux,
    Retour vers de sains horizons ?
    Ma planète, pour toi, j'ose rêver.
    Espérance d'un nouveau monde.
    Réussirons nous à transformer?

  • #73

    Didier Milet jeu N° Joker. (vendredi, 08 mai 2020 19:56)

    Réinventer en moi, le cri du nouveau né,
    Ne jamais abdiquer,
    Aimer, aimer, aimer.
    Comme un ours des cavernes, aimer.
    Comme un petit chat de tendresse,
    Douce dulcinée,
    Je pars au combat,
    Mon moulin, le souffle de nos ébats,
    Un enfant de moi,
    Mon cadeau pour l'éternité.

  • #72

    Anne (vendredi, 08 mai 2020 17:25)


    Transformer son grain de sel en pépite
    Ravir quelques vers à Rimbaud
    Alise sucré volé sur l’arbre
    Nébuleuse qui traverse la vie
    Scintille de jour comme de nuit
    Foudroie la médiocrité
    Oublie l’obscurité
    Résiste à l’ennui
    Mots susurrés dans une tendre oreille
    Éblouissement de sa propre audace à vivre
    Réveiller le talent en soi
    Transformer quoi !

  • #71

    Annie (vendredi, 08 mai 2020 15:00)

    Transformer



    Tintamarre dans la cuisine

    Rangement de printemps.

    Attention, que vois-je

    Niché au fond du placard

    Sous une pile d'assiettes,

    Fripé mais bien plié

    Original papier

    Ruban de décoration,

    Manuscrit joli à la belle

    Ecriture gothique qui

    Ravit mes sens, à l'infini.


    Annie
    Atelier confiné
    08.05.2020

  • #70

    Didier Milet (vendredi, 08 mai 2020 14:43)

    Transformer

    Traduire la langue des oiseaux,
    Résolue, fidèle au sens caché,
    Avec la coupe, le triban et la source,
    Nemeton de pierres, haute clairière,
    Salutations du sacré, louange aux cinq directions
    Forger une parole claire,
    Oubli de soi, colère mensongère
    Rire du passé,
    Maintenir forte, la barque des pensées,
    Émerveillée du mystère puissant qui crée,
    Réinventer en moi le cri, tendresse pour la vie.


  • #69

    Jean-Luc (jeudi, 07 mai 2020 21:56)

    TRANSFORMER

    Tyrannique en perdant tout contrôle,

    Rejetant la faute, il tentait la rédemption,

    Animal blessé pris dans la tourmente,

    Nul doute qu'il ne gagnait pas la confiance.

    Ses pas étranges de côté ne lui portait pas chance,

    Fable de feu, il nourrissait son histoires d'ombres.

    Or sa compagne le soignait par son énergie d'amante.

    Refusant d'abdiquer, il faisait front.

    Mais l'opinion n'observait que les faits.

    Et l'accusation trainant en longueurs,

    Raison gardée, il se tenait debout face à la justice.

  • #68

    Didier Milet (mardi, 05 mai 2020 11:12)

    J’appelle la guérison du monde

    J’appelle la guérison du monde,
    Festin de silence,
    Cérémonie sacrée de mai.
    J’appelle la guérison du monde,
    Aube de renaissance,
    Pieds nus dans la rosée, l’envol du geai.

  • #67

    Anne (mardi, 05 mai 2020 10:05)

    Supplique à la beauté

    Accoster sur le quai d’un univers de lumière
    Glisser entre les pages de livres aimés
    S’enrouler dans le pays des mots doux et surprenants
    Infuser la passion de Jean Sébastien, s’exalter de cette grâce divine
    Perfuser la magie des arbres, ouïr le chant des petits bavards
    S’installer dans un espace étoilé
    Admirer la délicatesse humaine
    Ne rien souhaiter mais vivre chaque moment
    Attraper le meilleur et le garder au fond de son cœur.

  • #66

    Joce (lundi, 04 mai 2020 14:31)

    Mettre les pieds dans le plat

    Au Xiie siècle, on préparait un repas de fête pour la saint Bombance. Dans la cour, en ce deuxième dimanche du mois d'août, chacun devait apporter une victuaille produite de son jardin, de son poulailler, de son auge… chez la femme la plus âgée du village. Après avoir creuséun grand trou la veille de la fête, chacun devais placer une pierre au fond du trou, et ensuite, chacun son tour une pierre empilée en hauteur. Devait ainsi se réaliser un immense barbecue que l'on pouvait traverser au milieu, en marchant . A gauche, ensuite, les légumes cuisaient sur les braises attisées et à droite, toute la viande grillée à son tour. Chacun pouvait traverser ce trou devenu un plat géant et mettre ainsi les pieds dans le plat.

  • #65

    Annie jeu N°11 (lundi, 04 mai 2020 14:02)

    Le nuage

    « Cela faisait un mois que ce nuage était là,immobile dans le ciel, à nous observer avec un petit sourire en coin, quand soudain... »

    Un bruit fulgurant retentit au loin, un bruit assourdissant fracassant les tympans. L'ai était moite, la chaleur accablante, le soleil brûlant. A nouveau, ce bruit assommant dont la puissance fit trembler les murs. Et puis, un coup de vent phénoménal, brutal, inattendu. Une atmosphère d'apocalypse ! Nous avions peur, même les plus aventureux d'entre nous.

    - « Il va pleuvoir. Cela va faire du bien à la terre. » dit le Vieux.
    Un mois qu'il n'avait pas dit une parole. Pas un son n'était sorti de sa bouche. Un mois qu'il n'avait rien dit. Un mois, depuis ce fameux jour.
    Nous étions tous ébahis, mais personne ne se serait permis une réflexion.

    Nous scrutions les cieux, attendant cette pluie magique. Et soudain, une lumière zébra le gris plomb du ciel, et toujours ce nuage qui nous surveillait.
    Aucune gouttelette de pluie encore chez nous, mais nous devinions au loin le rideau de gouttes énormes, nous sentions cette odeur si caractéristique de la terre chaude humidifiée par les larmes du ciel. Cela humait bon. Bientôt nos champs seront abreuvés de cette source d'abondance.
    L'orage s'est déchaîné, a déversé sur la campagne toutes ses réserves d'énergie.
    Nous avons attendu, tous, le clan réuni, tous; le Vieux,les hommes, les femmes, les enfants, n'osant parler. Le silence de la chaumière encore plus lourd que le vacarme de la campagne.
    Puis l'orage, enfin repu s'en est allé vers d'autre contrées.
    Le bleu du ciel est revenu, le soleil nous a souri et toujours le nuage au-dessus de nous.

    Le Vieux est sorti, a regardé, a arpenté son labour. Tout était sec. Pas trace d'une quelconque goutte d'eau.
    Ahuris, étourdis, nous étions tous assommés de ce qui s'étendait devant nos yeux. Nos champs secs. Tout autour, dans les fermes voisines, l'eau avait apporté ce bienfait si utile pour les pousses, les vergers avaient été irrigués, les semis arrosés. Les cultures allaient revivre.
    Mais, eux. Pourquoi ?
    Tout ce qui était abrité par ce nuage toujours là, n'avait pas bénéficié de l'eau bienfaitrice.
    Nous ne comprenions pas. Le Vieux, lui ,avait compris.

    Il savait, lui, le Veux. Un mois qu'il était parti ce fils sur qui reposait la survie de la ferme.
    Mais pour le Vieux, trop autoritaire, patriarche impitoyable, incontesté, rien de ce que le fils appliqué faisait n'était bien. Brimade sur brimade, toujours aux ordres du père jamais content, il n'était libre de rien. Pourtant, il savait lui, le fils ce qu'il fallait changer … Et puis un jour, il est parti, sans rien dire, enfin libre. Laissant le Vieux sans voix et fort surpris d'apercevoir au-dessus du domaine, un nuage qui sourit.

    Le vieux patriarche, au milieu de son champ s'est mis a pleuré, le corps secoué de gros sanglots. Tout au long de la nuit il a pleuré, inconsolable. Les larmes de son corps inondèrent ses champs apportant une eau salée à cette terre saturée.

    Dans le calme du matin, le Vieux leva ses yeux rougis vers le ciel si pur.
    Le nuage avait disparu.

    Annie
    Atelier confiné
    29.04.2020

  • #64

    Françoise jeu n°12 Petite fleur .... (vendredi, 01 mai 2020 16:15)

    " Aïe, tu m'écrases, ne peux tu faite attention ?"
    Est-ce que je rêve encore ? De l'herbe fraîche où je marche avec délice chaque matin de printemps monte une petite voix que je n'ai jamais entendue.
    " Qui me parle ?
    _ Eh ! c'est moi qui te parle ! regarde à tes pieds, ce tapis de petites fleurs sauvages. Nous sommes nombreuses à nous épanouir au milieu de ces grandes herbes....
    _ Bonjour pâquerette, petite fleur de printemps, petite fleur de nos prairies et de mon jardin. Pardonne-moi, ce matin, mon esprit est occupé par tant de soucis.
    _ Tu sais, promeneuse, notre vie aussi est pleine de tourments. Malgré tous nos efforts pour nous hausser bien droites le plus haut possible, nous restons petites, si petite . Et puis, limaces et escargots nous visitent souvent et nous mordillent avec délice. Et je ne te parle pas de ces humains qui nous ignorent, nous foulent au pied, nous arrachent et tondent nos têtes. Ah je sais ! Nous n'avons pas l'élégance de l'orchidée ou le parfum des roses mais assieds toi près de nous et regarde .... Vois - tu ces petites feuilles regroupées en rosette qui forment une dentelle et ornent notre corolle, admire nos pétales blancs parfois éclairées d'un fin liseré violet, ils entourent notre cœur jaune. Nous portons et offrons ainsi un petit soleil à ceux qui savent nous voir. Nous sommes discrètes, un peu timides comme certains parmi vous et comme pour nous, vous ne les voyez pas toujours !
    - Comme tu as raison pâquerette. Parfois nous aussi humains, nous sommes aveugles, nous "écrasons" nos frères par notre indifférence et notre mépris.
    _ Ne sois pas triste .... n'oublie pas notre petit soleil, il t'apporte la lumière et la joie si tu te penches vers nous. Et puis, le sais-tu, nous portons en nous des vertus médicinales qui font de nous des alliées de votre bonne santé.
    _ C'est vrai, je l' avais oublié ! Je vous ai même vues en décoration d'une salade printanière, c'était charmant... Mais pâquerette dis moi, tu as une grande sœur que l'on nomme marguerite ?
    _ Oh oui, celle-là fait la fière, dressée toute droite sur le bord des routes. Elle flirte avec le bouton d'or, jouant avec lui au gré des vents. Vous autres les cueillez volontiers pour en faire des bouquets.
    _ Et puis les amoureux en arrachent les pétales un à un en disant des " je t'aime, un peu, beaucoup ... et rêvent de toujours terminer par " passionnément", je me souviens avoir joué ainsi dans ma jeunesse.
    _ Mais as-tu pensé à notre douleur alors. Aimerais-tu que l'on t'arrache tes cheveux un à un ?"
    Je baisse la tête, je n'avais jamais imaginé cela ..
    _ "Va, je te pardonne, ce que tu as fait c'était un geste " d'amour" !
    _ Merci petite amie pour ta générosité. Continue à tracer ton chemin avec tes sœurs, à parcourir la prairie, tu seras mon petit soleil quotidien même par journées sombres et moroses.
    _ Bonne journée amie et n'oublie pas : la campagne est riche de beauté, de vie. Quand tu la parcourras, regarde et écoute, ça bavarde !"

  • #63

    Annie (vendredi, 01 mai 2020 15:13)

    Avoir un coup dans le nez
    Elle est plutôt jolie, coquette, bien faite de sa silhouette. Visage fin, chevelure couleur feu ondulée parfois frisée. Une petite bouche toujours souriante. Des yeux vert transparent qui vous envoient des éclairs de gentillesse. Mais, un nez trapu, un peu grossier, trop aplati. C'est son grand désespoir à notre jolie brin de fille.
    Elle ne le supporte plus. Le temps d'amasser la somme nécessaire, pour faire appel à la chirurgie esthétique, elle enchaîne les combats et les matchs. C'est sa façon à elle, d'exsuder cette haine de son nez.
    Ce soir, c'est entraînement en vue du duel de dimanche. Notre belle jeune femme pratique la boxe, assidument.
    Sur le ring, face à son entraîneur, elle se met en position, mais a oublié les principes de protection. Son casque est resté à son appartement, et ceux du club sont tous en service. Quelle étourdie !
    – « Pour une fois je ferai sans. »
    – « Je vais y aller mollo – lui souffle son coach – t'es pas prudente. »
    Elle a la tête ailleurs.
    Le premier coup reçu la met chaos. Le sang coule, visage tuméfié, son nez la brûle. Elle ne peut plus respirer.
    – « Excuse-moi ma belle, j'ai tapé trop fort. »

    Elle sort de sa léthargie, étourdie. Près d'elle, un homme en blanc avenant, souriant.
    – « Je vais vous arranger ça ma jolie. Je suis le chirurgien. Nez cassé mais je vais le réparer, et tout redeviendra normal, il sera comme avant. Je repasse vous voir. »
    Elle le retient par la manche, lui prend la main.
    – « J'ai deux mots à vous dire, Docteur. »
    A son réveil, son visage n'est que bandage. Elle a mal. Il lui sourit.
    – « Tout s'est bien passé. J'ai fait comme vous me l'avez demandé. Un peu de patience et ce petit nez retroussé fera fureur. »
    Aujourd'hui, une visite. Tout confus, tout penaud, l'entraîneur, un bouquet à la main, se confond en excuses. Elle le rassure.
    – « Grâce à toi, j'ai un nez tout neuf, un nez joli comme j'en avais envie.
    – « Merci, de m'avoir donné un coup dans le nez. »

  • #62

    Anne (vendredi, 01 mai 2020 10:55)

    Les sucettes, suite de Ali le confiné
    Après avoir bu ma bière mise au frais dans le puits, terminé un vieux mot croisé de l’an dernier, j’ai décidé d’aller au bourg à bicyclette pour racheter du lait pour le chat, qui préfère l’eau, mais bon, c’est pour le calcium, du pain, des rillettes et des sucettes. Mano l’épicière a toujours un petit sourire en coin lorsque je prends un paquet de 20, car elle n’ignore pas qu’il n’y a pas de gamins à la maison, ni même en visite. C’est une addiction, voilà…Il y a tout d’abord le gout du bonbon tout rond qui remplit la bouche, le bâtonnet que l’on peut faire tourner, c’est une occupation en soit, quoi de plus stupide que d’enfourner un bonbon, de le mâchouiller sans même y penser et faire autre chose en même temps, c’est juste bouffer du sucre, alors que la sucette déjà il faut choisir le parfum, fraise ou citron, pamplemousse ou coca, ensuite il faut déplier le papier, c’est tout un art car il y a un sens et ensuite c’est la dégustation, le tournage avec la langue, se la coller sur un côté de la joue ou au fond de la gorge, sous la langue, sur les dents du haut, que sais-je à chacun sa méthode de dégustation. Mais allez raconter ça à Mano, tout le bourg serait au courant de ma folie addictionelle assez enfantine je reconnais, je n’ignore pas qu’elle n’a pas la langue dans la poche, mais si elle connaissait ma vie véritable !!

  • #61

    Didier Milet (jeudi, 30 avril 2020 21:06)

    « Avoir quelqu’un dans le nez »

    Chambon-les Mines, soirée made in Normandie,
    Je commande une pizza Trump chez Roger,
    Deux Mexicaines sauce pimentée,
    Une Corona blonde façon perruque républicaine,
    Une super frite française et un sundae à la Nivaquine.
    Pour six nuggets de Pangolin,
    Sauce chauve-souris fumée,
    J’ai droit à un test gratuit au fond des narines.
    Si t’es colonisé profond façon mine de charbon,
    C’est bon pour l’activité,
    Rince-toi le gosier au déboucheur d’évier,
    Reprends une Corona carabinée,
    Si ça te fout le masque des fins de soirées,
    C’est que tu dois avoir quelqu’un dans le nez,
    Par contre, rentre chez toi, t’es confirmé,
    Et raque pardi, même confiné !

  • #60

    Anne (jeudi, 30 avril 2020)


    Tristan à la fenêtre
    Mes grands bois de sapin, les fleurs d’or des genêts, mes bruyères d’Armor en tas sur les chenets. Viens te gorger d’air. Ici j’ai de la brise, que le bout de ma toiture en frise. Le soleil est si doux, qu’il gèle tout le temps. Le printemps, le printemps n’est-ce pas tes vingt ans.
    Tristan Corbière. Le poète contumace. Les Amours jaunes

    Chaque jour est un voyage en poésie lorsque je franchis le porche du parc de Coat Congar. Face à ce manoir d’un autre siècle aux vantaux défraîchis, une fenêtre à droite éclairait ta chambre d’enfant. C’est un océan vert, habité de silence et de bruissements qui embrasse ton logis, là où mes pas me conduisent. Vert chlorophylle, chimie pour la rêverie. Aujourd’hui encore le vent valse sur la canopée, je contemple l’élégance du hêtre, chaque écorce est un dessin original, les sapins ont enfilé le vert fluo tout au bout de leurs doigts. Une pluie de pollen tombe encore et encore. L’empreinte des pas des chevaux dans la terre mouillée des sentiers se perpétue, là ou tes bottines devaient te distraire. Tu n’étais pas encore le poète maudit, enfant de Coat Congar. Aujourd’hui, se confondent la beauté végétale d’une nature radieuse et tes sombres poèmes imagés par les troncs déracinés, arbres couchés, arrachés, penchés, tombés à terre dans le cimetière végétal, là où l’abandon côtoie la vie.

  • #59

    Didier Milet (mardi, 28 avril 2020 20:39)

    Rêverie.
    Au fil des ans, le mûrier du japon offre sa présence. Lorsqu'il m'appelle, je viens lui rendre visite.
    Ce matin, en guise d'amitié, il me permet de le toucher. Sa peau rugueuse est comme la langue de mon chat. Rugueuse.
    Le petit escargot court sur sa peau. Il ne craint rien, il le sait.
    Mon chat aime bien me mordre doucement en guise d'affection, ensuite il me lèche. Je sens son affection. Il veut faire ma toilette, je ne dois pas refuser. Je me laisse faire.
    La pluie habille la robe d'écorce de couleurs. Avec le temps, mes mains ressemblent à l'écorce du mûrier, plissée. Sur son corps, il y a des yeux.
    Quelle force fragile ce tronc. Au-dedans la sève monte. Au-dessus, tous les bourgeons se sont ouverts. Un mystère fait grandir les feuilles jour après jour comme des origamis de papier.
    Dans deux mois, sous cette ombre, j'installerai un banc et je lirai de la belle littérature. Celle qui transporte l'esprit de sorte qu'il aille se lover dans le cœur, au creux de l'arbre noueux. Je serai bien. Chut, ne pas trop en dire, le silence auprès de l'arbre. Tiens, une alouette fait la sérénade. Impossible de lire avec la cantatrice amoureuse, je ferme les yeux.
    Ils sont verts.
    Au dedans des paupières, c'est rouge, orange, violet. Le soleil chauffe jaune. Lorsque je les rouvre, je vois plein de particules danser dans l'air. J'ai la tête qui tourne alors je quitte les étoiles en posant les pieds nus à plat sur l'herbe fraîche.
    La sensation avec la terre, le terreau, l'humus, la glaise froide me ramène au livre qui était tombé. Je le ramasse, j'ai perdu la page. Je lis au hasard au milieu du livre, un peu perdu. Ces quelques mots s’offrent à ma vue.
    " La fenêtre au premier était ouverte et le vent faisait voleter les rideaux. Mathilde finissait de se préparer avant le dîner en lissant ses cheveux avec l'eau du puits. Elle jeta l'eau qui restait dans la cuvette et le broc de faïence par la fenêtre qui joncha le sol juste à mes pieds, en bas du mur sous les volets. Enfin, elle enfila sa robe. L’air était chaud, presque orageux. J'avais tout vu. Ne pas bouger, surtout ne pas bouger, ne plus respirer."
    Un été soixante-quinze.
    Didier Milet.

  • #58

    Jean-Luc L (lundi, 27 avril 2020 08:46)


    Un jour, je partirai pour un pays lointain
    Gagné sur la mer, je prendrai ce cher butin

    Sans me retourner, j'irai jusqu'au bout du monde
    Tel un défi acccompli, fier en menant la ronde.

    Et quand je reviendrai, des rêves plein la tête,
    Nous partageront l'or et les bijous en fête.

    Je dessinerai sur une grande feuille bleue
    Pour ciel un soleil jaune, excusez du peu.

    Ce grand voyage qui relie nous appelle
    Avec le souvenir nourri, je t'interpelle.

  • #57

    Didier Milet (samedi, 25 avril 2020 14:52)

    Les fables de ma fontaine. (3)
    Le scarabée et le bousier.
    Un scarabée sur le dos se retourna et pour la première fois vit le ciel en entier. Que faites-vous en pareille posture ? s’étonna Norbert le bousier qui revenait du marché.
    Ah messire crottier, vous tombez bien à propos, dit Firmin. Mais, qu’avez-vous devant vous, poussant une telle chose comme un rien ? Une belle crotte ma foi, un si beau garde-manger, que je vous l’achèterai volontiers pour dix beaux deniers ?
    Vous avez tellement de force, à vous voir déambuler par les chemins défoncés, avec prestance et habileté, vous ne refuseriez pas d’aider un pauvre scarabée ? Monsieur le bousier, de grâce, faite vite. J’ai besoin de me retourner pour enfin respirer.
    Votre indulgence légendaire vous a précédé, Norbert. Oui fit le bousier, peut-être, mais c’est que je suis pressé. Je dois rejoindre ma bousière du quartier qui n’attend guère une fois que la table est dressée.
    Je reviendrai sans doute, il vous faudra patienter. Parole de Norbert, promis, juré, craché. La droiture, ça me connaît, j’en ai fait mon métier. Toujours à l’heure, toujours du bon côté. Je suis un bousier d’honneur, croix de fiente, croix de lisier. Diable, déjà midi passé !
    Sur ces paroles, le bousier continua de pousser sa crotte bien devant lui pour ne pas la perdre de vue. Le fameux cadeau pour la tenancière attablée.
    Que l’ingratitude étouffe son petit gosier de bousier cria le scarabée !
    Autrefois dans le besoin, il avait moins fière allure le bougre, quand tous les matins, il implorait mon écoute et mon soutien. Que de temps j’ai passé, croyant à une vraie amitié. Sur le dos, Firmin commençait à manquer d’air en pensant sa dernière heure arrivée.
    Il contemplait ainsi, dans une vision troublée, les nuages dans l’espace bleu renversé, quand tout -à-coup, il entendit sur le chemin, un hanneton guilleret qui lui aussi revenait du marché.
    Vassiliu le yéyé chantait d’humeur joyeuse, sautillant les couplets d’un refrain antillais. Il dansait en faisant bruisser ses ailes sur un cha-cha-cha. Une musique dérivée syncopée, une sorte de zouk coupé décalé.
    Oui, Vassiliu est un véritable tambourinier.
    Seigneur Vassiliu, maître, dit Firmin, devenu expert en humilité. Veux-tu bien me retourner ?
    Vassiliu s’exécuta dans la seconde, d’une petite pierre en faisant levier. Firmin repris pattes à terre, ouf je suis sauvé !
    Le cœur gonflé de tant de générosité, il reconnut en lui la véritable amitié. Celle qui ne demande rien en échange. IL raconta alors sa mésaventure avec Norbert le bousier. Vassiliu s’approcha et lui révéla son secret.
    Dans la prairie des petits êtres, nous autres, insectes fragiles aux dos armés, carapaces d’ailes renforcées, sommes parfois victimes des usurpiers. Une espèce envahissante qui a muté.
    Tu sauras reconnaître un ami d’un usurpier si son odeur n’aime guère ta réussite, ta santé, ton bonheur. Tu sauras reconnaître un ennemi, à ses actes dépourvus de vérité. Son point faible est la peur et son rire jaune a peur de ta lumière. Sois la lumière !
    C’est pourquoi, je fais le bien par les chemins et depuis, je me porte bien. Je suis le tambourinier sans peur.
    Vassiliu semblait nimbé d’un halo surnaturel.
    Plein feu sur le bousier et la bousière de son quartier dit-il en riant. Sur ce, il reprit son pas cadencé. Adieu Firmin, n’oublie pas, tambour Gwo ka et kalimba, ambyans mizik chantée.
    Fou de joie, Firmin se mit a danser.


    Dans la jungle des relations,
    Les scarabées ne sont pas épargnés,
    Il faut se méfier des postures de bousier,
    À la fin, les faux-semblants partent tous en fumée.

    Didier Milet

  • #56

    Didier Milet (vendredi, 24 avril 2020 19:15)

    Le serment,
    Cela faisait un mois que ce nuage était là, immobile dans le ciel, à nous observer avec un petit sourire en coin. Quand soudain, en dessous du grand chêne où nous nous étions donné rendez-vous, du haut de nos douze ans, un semblant de nuit fit son apparition, prémices d’orage. Valeria et moi avions demandé la permission pour sortir de table et la nonna la première avait claqué un oui, avant tout le monde. Si et basta !
    Comme personne n’osa contredire la maîtresse femme, nous avions pris la poudre d’escampette et filé vers la prairie en pente douce, à travers les blés sauvages et les coquelicots de notre enfance. En contrebas siégeait Barnabé, le grand chêne que ma famille avait toujours connu. Immense ramure majestueuse, protecteur de tous les serments et révélations amoureuses depuis la nuit des temps.
    Ce dimanche de l’été mille neuf cent trente-huit, nous ne dérogerions pas à la règle. Main dans la main, nous courions, vite dans le vent, vite dans les herbes qui nous cinglaient les jambes, tandis que nos rires emplissaient toute la vallée comme une joyeuse musique.
    Un dimanche de juin, dans l’Émilie-Romagne. La partie la plus occidentale, près de Plaisance, entre les montagnes et le golf de Gênes. En cette saison de moisson, il fait chaud. Les messieurs portent des chemises blanches aux manches retroussées. Leurs parfums de tabac et de cuir viennent rendre hommage aux robes de dentelles, blanches, elles aussi. Blanc, tout est blanc. Seuls, les chapeaux de paille cachent les yeux énamourés des hommes et les œillades des dames qui disent oui, un vrai grand oui et plus encore. Non, et puis enfin oui.
    À cet instant, cette permission des adultes, rend fous de joie les enfants pour qui la vie sourit pleinement.
    Nous sommes Valeria et moi, Vincente, assis sous le chêne, à l’ombre pour un instant, main dans la main. Une envie irrépressible de se tenir la main, et de se les caresser façon pâte à modeler. Maladroitement, à l’envers, à l’endroit, qu’importe, l’important est de se tenir, fortement, pour ne plus se lâcher. Pourquoi mon cœur bat -il si fort ?
    Soudain, le nuage au-dessus se fit plus sombre encore et le vent se leva comme un frisson de pluie. Alors que je penchais la tête pour tenter d’apercevoir le soleil filtré à travers le nuage et les frondaisons, c’est toi qui, plus hardie, plus courageuse et libre, me posas un baiser sur la bouche. Un petit baiser, doux et léger. Puis, tu as dit un mot tout bas, chuchoté. Nos yeux sont restés longtemps en contact, front contre front, nous attendions l’éternité et ce bonheur ressenti, immense, complet, resterait en moi pour toute la vie.
    Aujourd’hui encore, je repense à Valeria, ma première, l’initiatrice, femme qui ose et qui demande, voire qui prend avec une douce autorité érotique. Tous mes émois découlent de ce moment délicieux de l’été mille neuf cent trente-huit comme un sceau dans ma mémoire et dans mon cœur. Vous dire que nous avons gravé deux V dans le bas du tronc du grand chêne à la peau d’éléphant ne vous étonnera pas.
    _Je ne chasserais jamais l’éléphant comme oncle Massimo, je le jure. Et toi ? Comme il m’était doux de la faire parler.
    _Moi non plus, je ne fais pas de mal aux animaux, je suis sœur des ours et des lions. Je raconterai à mon chat Arjuna, mes secrets pour toi le soir quand tu seras rentré en France. Je sais que, en pensant à lui, tu seras avec moi. Par la Madonna, chacun de ses mots fut un élixir !
    Cet après-midi-là, nous sommes remontés vers la grande table, en haut de la colline, le nuage qui guettait depuis un mois disparu au-dessus de Barnabé et laissa un soleil de plomb propice à la sieste des grandes personnes. La table, tel un tableau de Renoir parti dix-neuf ans plus tôt, resta longtemps jonchée de carafes de vin presque vides, de croutons de pain noir et des serviettes en tissu épais débarrassées de leur rond en bois, chacun leur nom. Leur évocation est un chant de cigales.
    Massimo, Amicie, Gregorio, Auguste, Élisabeth, Valeria et Danilo, Eugenio Secondo. Où êtes-vous, mes ancêtres, mes amis, mes soutiens, sur les épaules de qui j’ai grandi ?
    Par votre protection, je vous dois ma survie. Qu’il est long le chemin.
    Des années plus tard, je repense à toi, Valeria. Le verre que je tiens dans ma main à la peau ridée et aux veines bleues apparentes, tachée de son, contient un liquide doré caramel. À travers le verre et sa couleur, je pose mon œil sur le verre et je vois ta lumière. Tu m’avais dit de te regarder à travers le papier de bonbon jaune d’or que tu m’avais donné. Tu m’avais dit de me souvenir, toujours. Sur le verre sont gravées les deux lettres de ma compagnie de voyage. VV. Mes comptoirs d’échanges d’épices et de soieries. Ce double moi, ton odeur et la douceur de mon enfance.
    Je t’offre mes larmes salées.
    À toi, Valeria.

  • #55

    Anne (vendredi, 24 avril 2020 15:19)

    Drôle de temps
    Cela faisait un mois que ce nuage était là, immobile dans le ciel, à nous observer avec un petit sourire en coin. Quand soudain j’ai pris conscience que Virgile avait raison, je n’avais pas prêté attention à cette nébulosité suspendue. Cependant la personnification des choses étant assez loin de mes pensées, je me suis demandée si mon ami ne sombrait pas dans une crise de paranoïa. L’œil du cyclone, surveillés par un nuage…Non mais quoi !! Ce qui me valut cette réponse : ‘’qui dit surveiller n’est pas punir ’’ ? Je décidai de rentrer dans son jeu et lui demandai si ce cumulus stationné sur le parking céleste clignait de l’œil, ce qui ne l’a pas amusé du tout.
    Etant dans une situation de vacance, je me suis moi-même ennuagée non pas dans un nuage de lait, ni dans un nuage de chagrin ou de brouille, mais dans l’observation de cet amas immobile de gouttelettes, fixé au-dessus de la Baie de Morlaix. Ce cumulus fait de l’ombre, oublié des norois, bises et galernes partis en coup de vent, ils ont omis d’emporter cette petite chose ouatée, alors que les vents de mars sont rudes. Il était posé au-dessus de nos têtes comme un chapeau blanc, une boule de coton. Confiné dans le silence des aéronefs restés à terre, il ne se déployait pas, ne semblait ni s’évaporer, ni se détendre, seuls les oiseaux pouvaient le faire frémir. Ce minuscule cumulus humilis ou mediocris semblait entêté comme les invités qui ne songent pas à partir alors que le repas est terminé et que tout est dit. Je pensais à ces navigateurs solitaires subsistant dans un excès d’univers spatial. Va-t-il se répandre goutte à goutte sur nos os, sur les fleurs tout juste écloses, les animaux à poils, ou tout nus ou s’évanouir, enlevé par un vent de passage, un vent du large. J’ai fermé les volets, la nuit tombait et levant les yeux au ciel j’ai pensé : ‘’ Cumulus c’est toi qui décides de ta vie, je verrai demain matin dès l’aube si tu es toujours là et ferme ton œil pour dormir, le noir sera ta fortune car la lune est partie en voyage, cependant tu peux encore voir quelques fourmis humaines déambuler sur le sol-terre’’.

  • #54

    Jean-Luc L (vendredi, 24 avril 2020 08:43)

    Ce matin, très tôt, un mot est venu frapper à la porte de ma mémoire. J’ai longuement hésité avant de lui ouvrir mon coeur…
    Réveil, ah, il n'est pas encore cinq heures. Est-ce que j'ai assez dormi ? Oui, je me sens reposé, presque prêt pour la journée. Que faire ? Allumer la radio, non, il est tôt; ce sera encore pour les mêmes nouvelles, les chiffres des billets de banque, le nombre des décès des vieux à l'hôpital.
    Est-ce que je manque de compassion ? Je suis réaliste. Un virus est arrivé de l'est ! Tiens, le soleil aussi. Il arrive. Pas encore là. Et si j'allais à sa rencontre que nous fassions un bout de chemin tous les deux à l'aube.
    Ah oui, j'oubliais, je me réveille seul, ça fait un moment que c'est ainsi. L'univers nous a collé un corona comme souvent en hiver. C'est ainsi.
    Je me sens bien, très bien même, serein et apaisé. Ma chérie m'a apporté de jolis mots hier au coucher. Ils ont le don, le pouvoir de m'apporter sagesse et abondance. De l'amour, bien entendu.
    Un réveil profondément présent à moi-même sans peurs, sans impératifs, avec les libertés que je m'accorde caché des regards. Voyager jusqu'à la ville. Me baigner nu entre deux rochers. Etre libre sans entraver l'identité de l'autre. Ne pas provoquer. Pas de vagues. Mon apaisement dit que je bouscule avec douceurs et rides, quand je joue avec le fil de l'eau. Celui de la joie aussi pour l'ampleur du bonheur.
    Voici cinq années déjà, je partais vers un congrès mondial dont le thême était « «  heureux, joyeux et libre « 
    Ca me parlait bien sur, je n'imaginais pas que je gagnerais les trois mots avec une telle abondance avec une telle générosité de l'univers. « «  C'est la danse de la vie « «  diront certains de mes amis.
    Alors, réveil ! Eveil je dis aussi, puisqu'il s'agit bien d'une ouverture d'esprit, d'un cœur qui grandit dans le monde.
    « «  De la haine à l'amour « «  a été pendant un temps le titre de mon autobiographie. Aujourd'hui de nouvelles subtilités sont présentes, davantage pour nourrir la réflexion de l'enfant blessé, démuni devant tant d'inconfort. Le manque était présent, en absence affective.
    Ce matin le réveil n'a pas sonné. Il n'est plus utile, les persiennes ouvertes m'offre la lumière au lever du jour et la tendre ouverture des yeux.
    La recette du bonheur chaque jour est la gratitude, la nourriture du cœur, tout ce qui apporte les bienfaits, les bénédictions.
    Au réveil, dire merci est la première des prières, une ode à la vie, au battement de la joie.

  • #53

    marcel B (mardi, 21 avril 2020 23:55)

    Ecrire l'autre;Ah, proposition quelle que peu complexe car l'autre est souvent un inconnu qui se livre peu, difficile parfois à comprendre, joueur, dictateur ou éclaireur de l'ombre.
    Cela peut être un exercice facile si l'on invente , si l'on imagine l'autre.On pourrait partir d'un portrait stéréotypé du genre l'autre je voudrais qu'il soit beau, riche et intelligent. La beauté a moult facettes et reste subjective, qu'elle soit physique ou intérieure. La richesse ne sert à rien si on ne sait pas s'en servir de belles façons, quelle soit matérielle ou existentielle. Et l'intelligence, tout le monde en est doté mais beaucoup pensent avoir peu reçu. L'intelligence est de savoir qu'il y a différentes formes d'intelligence. Donc mauvais choix;laissons l'imagination à ceux qui savent en jouer de manière délectable.
    Portons plutôt notre regard sur l'autre que parfois nous croyons être ou à contrario celui que nous ne voudrions pas être, celui que nous aimons ou celui qui nous fait mal. Mais cela pourrait nous emmener dans des dithyrambes teintées d'hypocrisie ou bien dans un mal être qui, s'il grandissait, nous conduirait chez le psy.
    Il est préférable d'éviter cet autre à multi facettes.
    Alors quel autre ?
    J'ai bien pensé à celui que l'on croise lors de psychédélismes dans les soirées où alcool et fumette font partie de la fête mais il est assez insaisissable. Laissons tomber les délires.
    Peut-être celui qui joue à cache cache avec notre moi et qui à certains moments se manifeste là où on ne l'attend pas.. Celui qui nous suit partout et tout le temps.
    Cet autre qui dit au moi que tu n'es pas toi et que pour être vraiment toi, il faut être moi !
    Cet autre qui veut prendre la place du moi, pour exister pleinement, pour ne plus être l'autre et être simplement et uniquement moi.
    D' accord mais cet autre, on ne peut pas l'écrire, il est préférable de le manifester et de le vivre.
    Ah, proposition quelle que peut complexe.

  • #52

    Anne (mardi, 21 avril 2020 12:57)

    Floresong

    Elle a quitté son jardin, respiré les lilas sur le chemin, bousculé les bûches endormies, dans la cheminée pour contempler le ballet orangé des flammes, fascination de chaque moment, le feu de la vie.
    Elle a détaché, déroulé, libéré ses cheveux qui maintenant se déplient en boucles sur ses épaules, souples comme une vague qui meure sur l’estran. Elle attrape sa guitare, un doigt, deux doigts, cinq doigts sur une corde, deux cordes, cinq cordes. Accords, voix, son, tout est mélodie, résonance.
    Elle chante les chemins de son homme, elle raconte l’histoire du petit prince d’Ethiopie, elle fredonne la magie d’un sourire à tête blonde, elle peint les vies de ceux qu’elle aime, une balade en do, en mi, en ré. Elle chante les autres, elle ajuste les mots qui résonnent dans sa maison. C’est elle, fleur de musique, car le monde est musique. Folksong.

  • #51

    Françoise jeu n°9 (mardi, 21 avril 2020 10:00)

    Devinette pour Virginie
    Je me dresse fièrement au rond point du potager du jardinier qui m'a planté. Tout de vert et de bleu vêtu en cette saison, je suis en harmonie de ton avec la barrière qui borde la route, avec la bourrache étoilée, la glycine odorante et les volets de la maison. Je veille sur les légumes et les semis. Plusieurs fois par jour, mon jardinier travaille parmi nous, nous visite, nous félicite, nous encourage, nous caresse. Parfois un petit chat se couche sous mon ombrage. De ma place, je vois passer quelques marcheurs et j'entends les cris des enfants du quartier. Je m'étonne derrière moi du carré de St François resté libre en végétation.
    A mes pieds pousse une consoude et bientôt apparaîtront les tournesols.
    Tout ici respire la paix, le bien-être et l'harmonie. Régulièrement, la maîtresse de maison vient choisir l'un de mes épis pour parfumer ses plats ... et je ne m'en prive pas!
    Avez-vous deviné ? Je suis le ROMARIN .......

  • #50

    sarlet nicole (mardi, 21 avril 2020 09:04)

    merci pour cette atelier d'écriture

    un à un
    -les pas
    les pas de doutes
    les pas de joie
    un à un
    les pas -
    merci à vous pour cet atelier d'écriture
    belle journée

  • #49

    Annie (lundi, 20 avril 2020 17:21)

    Je viens de si loin...

    Je vogue, je flotte, dans cet Univers, magique, féérique. Léger, légère, qu'importe, je n'ai pas de
    sexe. Je suis comme les anges.
    Invisible mais sensible, volant à la vitesse de la lumière, je me laisse porter par la douceur de
    l'espace céleste.
    Je vous ai quitté(e)s mais pas abandonné(e)s. J'ai traversé les galaxies. J'ai transpercé les
    nébuleuses. Je m'en suis allé(e) du monde des humains. J'ai repris ma liberté. J'ai quitté une planète qui
    aurait pu être fabuleuse. Ma mission est achevée.
    J'ai essayé de vous guider. Un autre esprit réussira-t-il ?
    Je m'en retourne chez moi, monde de douceur, de paix, de lumière où les couleurs pastel,
    universelles, embaument les coeurs. Oui, nous avons un coeur, si beau, si grand, si généreux.
    Le monde d'où je viens est si loin, que vous les humains ne pouvez vous l'imaginer. Mais, nous
    les esprits du Bien, de l'Amour, nous savons vos souffrances, vos impuissances, vos croyances. D'autres
    que moi reviendront vous rendre visite pour vous offrir nos services, nos sourires et adoucir vos vies.
    J'ai essayé mais je n'ai pas réussi, pas cette fois-ci. Peut-être, êtes-vous trop jeunes, trop
    naïfs(ves), peut-être n'avez-vous pas assez mûri. Pourtant, quelques âmes illuminées, éveillées et bien
    intentionnées ont ressenti la nécessité de vous transformer. Sachez les écouter.
    Ma mission est achevée. Je m'en vais me reposer. Mon voyage n'est pas terminé. D'autres
    contrées lointaines, à des millions d'années lumière d'ici, m'appellent. Je leur apporterai la clarté, l'amour,
    la sagesse céleste. Notre Univers est si vaste. Vous en avez encore pour quelques années cosmiques, à
    vous les humains, si vous le voulez bien, à pressentir notre présence auprès de vous. Nous vous aimons
    les humains, et tant que vous ne le percevrez pas, nous reviendrons pour vous aider à sauver votre planète
    si belle, si bleue, dans cet Univers sans fin, si fabuleux.
    Aimez votre Planète, elle si unique, si fragile, mais plus forte que vous. Et lorsque épuisée, elle
    ne pourra plus respirer, elle s'endormira dans ce monde céleste et vous emportera.
    Je vogue, je flotte dans cet espace merveilleux où la vie si jolie est une si belle amie.
    Près des miens, je reviens et je suis bien.

  • #48

    Jean-Luc (lundi, 20 avril 2020 16:54)

    Me trouver ce matin devant la statue du christ signifie t'il que je suis en rédemption ? Après ma séance d'hypnose quotidienne, ma thérapeute voyait l'éveil du visage. Je ne la croyais pas, bien entendu, voyant les coincidences les synchronicités bien trop banales.
    Ce que je veux, c'est du sport, de l'activité, ne pas rester prostré, voire agenouillé. Rêver, espérer toujours fuir l'immobilité, je pose mes intentions en humilité devant mon créateur.
    Une évidence, je lui fais confiance, ma foi grandissant jour après jour. Mes tests le prouvent même le soir lorsque je me couche: j'ai grandi. Certes assez peu ! Avec les quelques cellules régénérées chaque matin, à mon inventaire quotidien je remercie, et je tends à respecter mon idole vers laquelle je me tourne, mon incarnation semblant rapprocher de dieu lorsque je lui confie ma vie, ma volonté.
    Vois ce programme qui marche, lorsque je le fais marcher. La foi sans les œuvres est une foi morte, c'est pourquoi je me lève chaque matin pour transmettre le message, après un ou deux cafés au lit. Jamais plus... Mes rituels certes évolutifs demeurent rigoureux. Maintenant que toutes les femmes ont fui mes torpeurs , les feux et les lumières trop fortes pour elles. Vu la nature de mes draps, je gagne en identité alors que l'instant présent me dit que je suis né heureux, joyeux et libre. Ne comprendront pas ceux qui sont attachés, prisonniers, terrés de terreur. Grace à la puissance de la joie, je sors vainqueur et je peux vénérer mon lord à qui je suis servile. Alors toi, cher maître, je me voue à toi, je célèbre, je te bénis, je me bénis afin que nous ne soyons qu'un. Dieu tel que je le conçois.

  • #47

    Brigitte (no10) (lundi, 20 avril 2020 16:39)

    Qui es-tu?- Je suis moi. Et toi?- je suis un peu toi. Tu es toujours belle?- comme toi. Comme toi puisque je suis un peu toi. D'où viens-tu?- comme toi.Comment le sais-tu si tu n'es pas moi!. M'entends-tu?- je n'écoute que moi. Mais je t'écoute, moi!
    Sourde oreille, incompréhension entre toi et moi! Quelle langue parler? Quels mots prononcer?
    Ah! le Silence, enfin...Tu es ma pensée, mais je ne suis pas toi. Tu es mon émotion mais je ne suis pas toi. Tu es ma colère mais je ne suis pas toi.
    Moi, je ne suis pas toi. Je suis plus que toi. Car je te maîtrise, t'accueille, te chasse, t'oriente. Tu m'es utile, mais moi, je décide que tu ne gouvernes pas mon" je à moi".

  • #46

    Brigitte. (no9) (vendredi, 17 avril 2020 15:14)

    Respect
    Ce matin, le chêne majestueux peut être fier. L'érable se tord un peu pour lui donner place. Le châtaigner le salue. Les oiseaux chantent, et surveillent leurs nids, sur les plus hautes branches, heureux que le soleil soit arrivé si tôt. L'un d'eux se pose sur le tas de bois, où hérissons et mulots sont encore endormis. Puis il vient sentir avec moi le doux parfum de l'herbe mouillée et des fleurs à peine réveillées.
    Tout est Parfait. Je suis émerveillée...

  • #45

    Annie (vendredi, 17 avril 2020 14:37)

    Confinée, sur mon balcon

    Je profite de la douce chaleur du soleil, assise sur mon balcon, près de mon masque qui sèche et de mes baskets qui se décontaminent après ma balade de 1 km près de chez moi.
    Ce masque, comme en période de carnaval où l'on se cache pour faire des bêtises, sauf qu'aujourd'hui, ce masque nous empêche de faire des bêtises.

    Assise, face à mes brins de muguet qui dans leur balconnière donne un air de gaieté dans cette période d'affolement, je n'entends déjà plus le bruit des voitures qui passent et repassent. Je ne vois plus les immeubles autour de moi.
    Je n'entends que le chant des oiseaux, je ne vois que les feuilles printanières qui coiffent les arbres, devant chez moi.
    A l'horizon, la campagne s'émerveille de ce moment de repos. Les humains sont en prison. Elle est en paix.
    Ce soir, le bleu du ciel, lorsque le soleil se couchera, cèdera sa place au rouge flamboyant, ô, si belle couleur du couchant.
    L'horizon s'enflammera et ma joie sera au zénith, car le soleil me dira bonsoir.

  • #44

    Anne (vendredi, 17 avril 2020 10:15)

    La fenêtre du matin

    Endroit préféré, celui du soleil du matin et qui ne s’en va que lorsque la pointe du Conquet l’appelle. C’est une symphonie de couleurs, le ciel si bleu ponctué d’une boule de coton blanc s’étire et si je baisse mon regard, les d’arbres sont bien là, témoins de chaque saison, vert tendre, aubergine, vert foncé, toutes les variétés du monde entremêlées, semblables aux couleurs des humains des continents. Beauté de cette muraille ou des fleurs s’agrippent. Tout semble si délicat et fragile dans ce printemps silencieux. Chaque jour est une feuille qui éclot. Chaque souffle de vent caresse les branches, ballet végétal.
    Mais la ville est tellement visible aussi avec ses cubes blancs, posés là juste à côté, bruit des moteurs qui grimpent sur la rampe, nuisibles. La ville ne voit rien, n’entend rien.

  • #43

    Didier Milet (jeudi, 16 avril 2020 19:08)

    Le rêve du petit chat

    Tremble mon cœur,
    Par le vitrail Notre-Dame,
    Ma fenêtre, mon jardin marin coloré,
    Arjoun à la robe tabby,
    Tête renversée, s’adonne à Hypnos, père de Morphée,
    Murmures et soubresauts,
    Paix profonde de l’esprit.

  • #42

    Brigitte (jeudi, 16 avril 2020 18:44)

    Salut, le temps!
    Tu es le même pour tous. Tu t'offres à moi.Qu'est-ce que je fais de toi?
    Le soleil réchauffe mon corps, mon cœur,
    J'ai peine à écrire, elle me donne le sourire, cette chaleur!
    Les oiseaux chantent leur joie d'avoir retrouvé
    L'espace de quelque temps donné
    Leurs arbres favoris. Je les observe, ils les protègent
    Leur discours est calme. Je ressens leur paix
    Peut-être ressentent-ils ma paix?
    Mon planning n'est plus très chargé depuis quelque temps
    Pourtant je ne parviens plus à atteindre mes objectifs
    J'adore souligner en rouge quand le travail prévu est accompli
    J'adore affirmer aussi "demain, il ne sera pas là, l'ennui!"
    Je rêve mille bonnes choses pour tous ceux que j'ai rencontrés
    J'adore imaginer que le créateur m’entend
    Mon temps n'est pas Son temps
    Ma confiance absolue m'apprend à aimer, accepter, croire
    Tout est dans cet instant, ici, maintenant
    Vivre au présent, c'est appréhender l'humanité.

  • #41

    Mad (jeudi, 16 avril 2020 06:45)

    VIVANTE
    Voler les mots
    Imaginer des histoires
    Vibrer à la beauté
    Arrêter le temps
    Nourrir les liens
    Tenter le rêve
    Écrire et rire.

  • #40

    Françoise VERTIGE (mardi, 14 avril 2020 20:49)

    Souvenir silence
    neige
    arbres étendue immaculée

    blancheur pas de trace peur
    pas de vie
    silence fuir
    solitude
    regarde tes pas avance

    un pas puis un autre VERTIGE
    faire demi tour …
    arrête, admire, écoute
    silence avance danger fuir rentrer

    chaleur sécurité respire

    souvenir !

  • #39

    Anne (mardi, 14 avril 2020 13:10)

    Solaire
    Chaque soleil est un temps concentré
    Un temps qui passe contracté, resserré
    La vie est dense et jalonnée
    Temps de méditation solaire
    A travers la fenêtre je te contemple
    Touchée par la beauté de ta lumière
    Qui ouvre les bourgeons, dessine les nervures
    Ode à la vie, mon cœur ouvert.

  • #38

    Didier Milet (mardi, 14 avril 2020 12:51)

    Mon Kyudo, mon ange.
    Ayant traversé la couleur bleue de l’intention, le désir ardent d’obtenir quelque chose, d’un rouge brasier de passion, je vois l’évènement se produire sous mes yeux.
    Ma vision est claire, profonde dans ma façon de voir, ma façon de concevoir cet ensemble vert émeraude de choses complexes qui se présentent à moi. J’avance à pas feutrés, chaussé de chausson blanc sur le parquet terrestre, ancré. J’y ai déversé le miel doré de mes pensées. Il ne me reste que la grâce du geste, dans les plis de la robe noire, de la flèche aux mains gantées. L’arc se lève et j’ouvre les bras, ouverts à jamais.
    Le rêve inachevé, la corde tendue dans l’inspir, la réalisation d’un désir plus grand, une beauté mauve sans but.
    Je ne m’appartiens plus, je suis lâcher prise, indigo tout entier, souffle et prière. Uni au mouvement de l’âme qui sourit, tendant à une communion avec Dieu. Mon idéal aspire au plus simple, tout comme la flèche décochée dans une expiration d’amour rose.
    La cible de paille fait bloc et là où la flèche atteint sa vertu, peu importe où, elle récite pour moi, son cantique.

    Je suis en bonne santé,
    Je suis protégé,
    On pense à moi,
    Je suis accepté,
    Je suis aimé.

    Didier Milet

  • #37

    Sandrine (lundi, 13 avril 2020 22:35)

    Jeu n°8 - Un lundi en conscience

    Amour
    Amour, pour toujours, me dit-il un jour de pluie ou de beau temps. Cela n'a pas d'importance. Il me regardait là, planté devant moi, me regardant des ses yeux incrédules, des yeux qui regardent comme s'ils ne m'avaient pas vue depuis une éternité. Deux longs mois, sans toi, mon amour, je n'y croyais pas. Mais j'y suis arrivé. Et à présent, tu es devant moi, libre, joyeuse, généreuse, radieuse, embellie de cette parenthèse de douceur...
    Plus aucun mot. L'émotion, plus forte que tout, de celle qui vous met à bout de souffle et de mots.
    "Tu m'a manqué."

    Rien, rien ne sort de ma bouche. Je suis sans mots, sans voix, devenue muette face à autant d'inédit, à autant de douleur, à autant d'atrocités. Nous ne sommes pas en guerre, non. Mais nous avons lutté, oui, et tenté de vous montrer un autre monde, de solidarité, de valeurs profondes, de respect de l'humain et de la nature. Un monde d'Amour.

  • #36

    Frnçoise (dimanche, 12 avril 2020 17:44)

    Jeu n° 2 ( en retard )
    Ode à la nature

    Aujourd’hui jour de Pâques, jour de résurrection, jour de Vie et de lumière …..
    L’homme est sombre, inquiet, seul et enfermé dans sa peur et son questionnement. Pourtant autour de lui la nature explose de joie, de vie, de couleurs, de bruits.
    Regarde …. les chênes dressent leurs jeunes feuilles toute fraîches écloses. Les fleurs des pommiers déroulent leurs pétales roses et s’exposent aux premiers rayons du soleil . Elles invitent les abeilles à la rencontre tandis que ces dernières bruissent autour de la bourrache, butinant avec gourmandise ces corolles bleues si gracieuses.
    Le long des routes et des chemins creux s’épanouissent en multitude coucous des bois et des champs, primevères couleur soleil, fleurs de pissenlits dont les têtes ébouriffées de petites aigrettes blanchâtres volent au souffle du vent, laissant s’enfuir ainsi ces petits parachutes dont je m’amusais étant enfant ! Plus loin, admire ces stellaires , fleurs blanches étoilées qui ourlent les fossés, les pervenches qui se cachent sous les haies offrant aux regards du flâneur leurs délicats tapis bleus. Baisse toi pour humer le doux parfum des violettes, petites fleurs discrètes et timides, dégradées de blanc ou de bleu violacé.
    Ecoute …. les oiseaux nous éveillent. Mésanges, rouges-gorges, moineaux, bergeronnettes, tourterelles s’égosillent dans les ramures des arbres, dans les haies sauvages, dans les airs, partageant avec nous leurs chants, leurs trilles, leurs roucoulements..
    Ecoute la flûte du merle,la huppe qui pupule, le geai qui cajacte. Entends - tu l’hirondelle qui vient gazouiller près de ta fenêtre et te dis «  je reviens vers toi », le coucou à l’affût d’un nid à voler qui te rappelle que le printemps est là ? c’est chaque jour un concert sans fin jusqu’à la nuit tombée, une aubade de liberté, d’amour et d’avenir.
    Le soir venu, admire cette nature parée des couleurs d’un soleil couchant rayonnant qui habille de rose tout ce qu’il effleure ; arrête toi auprès d’une fontaine et abandonne toi au murmure de l’eau , laisse tes yeux suivre le vol léger et gracieux d’une libellule.
    Et puis, au coeur de la nuit, sors de ton lit douillet, penche toi à ta croisée et laisse toi envahir par les trilles du rossignol, ce petit passereau au chant si mélodieux qui te dit «  dors en paix, je veille... »

  • #35

    Anne (dimanche, 12 avril 2020 08:16)

    Le souffle de la fugue

    Elle est apparue dans mon repaire et s’est envolée dans les airs, légère, puis fougueuse. Une fugue comme un art de la fuite, deux mains, des voix qui se répondent se cherchent en modérato cantabile et dix doigts qui chevauchent vers d’autres divertissements. Subtile, si subtile en noir et blanc. Vole, vole, chante, chante, vit, vit. Inachevée, merveilleuse, ivresse de moments fugitifs, dont seule la mémoire peut faire revivre l’étincelle au cœur de Jean Sébastien.
    L’art de la fugue de Jean Sébastien Bach interprété par Grigory Sokolov
    Anne le 12.04.2020

  • #34

    AP (samedi, 11 avril 2020 13:12)

    Jeu 7 - Musique et écriture -

    Musique : "I am a man of constant sorrow - instrumentale par John Cowan Hartford (https://www.youtube.com/watch?v=14Y3tIsMUa0)

    Est-ce l'écho d'un passé perdu? D'un soupir d'un âge oublié? Est-ce le souvenir du vent sifflant dans les herbes émeraudes de leur lointaine Irlande? Ou est-ce le relent de l'angoisse, de l'inconnu, d'un voyage en mer que seul leur sang a connu?
    Que fait chanter ce violon dans ces pauvres êtres?

    Les notes déposent dans leurs cœurs la nostalgie d'un temps ancien. Regardez-les, au coin du feu, par une nuit glacée, le regard perdu dans les flammes. Y cherchent-ils le regard de leurs ancêtres? Par delà le blizzard, les cimes, les steppes et les guerres, ils rêvaient tous à ce qu'ils avaient laissé là-bas. Et mêmes les plus jeunes, nés ici, comprenaient qu'une partie d'eux avait été arrachée, et que c'était celle que ce violon exhumait par ses plaintes.

    Ce n'était rien d'autre qu'une de ces petites mélodies qui s'accrochent aux larmes de tous les apatrides, de tous les rejetés, de tous les exilés, errants et autres vagabonds encore.
    Et voici ce que cette petite mélodie venait leur chuchoter au creux de l'oreille :

    "- Vous êtes loin, mais vous n'êtes pas seuls. Pleurez mes frères, pleurez à en noyer ce feu. Rien de ce qui se passe dans votre réalité ici bas n'aura la force de mes notes. Laissez-moi vous transporter : est-ce à la mort que vous pensez? A la vie? A ce qu'elle aurait pu être?
    Laissez vous bercer, laissez votre cœur s'emplir de ce chaud liquide que vous appelez nostalgie, et piquez votre nez dans le ciel.
    Regardez donc ces étoiles : n'éclairaient-elles pas déjà vos nuits, là-bas?
    Ne vous ont-elles pas vu grandir, partout, ainsi que vos parents, vos grands-parents, et leurs aïeux? Qu'est-ce donc que cette apparente tristesse?

    Ravalez vos larmes. Par-delà le temps et les mers, toujours existera ce lien qui vous tissera aux vôtres. Cette douleur, c'est ce lien mis à vif par mes quelques notes.
    Et le fardeau de votre labeur quotidien, sa vanité : n'est-ce pas cela que vous voyez se consumer dans les flammes? Ne sentez-vous pas votre cœur qui s'allège?
    Oui? C'est ça! Brûlez tout.

    Et laissez-vous porter par mes quelques notes. Elles en savent plus sur vous-mêmes et sur le monde que vous n'oseriez imaginer. Après tout, ne suis-je pas née au fond du temps, c'est-à-dire au fond de vos âmes? Ne suis-je pas vibration de ces mêmes particules d'air qui faisaient, il y a déjà si longtemps, danser vos peuples et frémir les milliers d'herbes émeraude de vos collines?

    Fermez les yeux mes frères, inspirez, écoutez-moi. Vous voilà de nouveau chez vous.

    Car en réalité, ce n'est en rien ma musique qui vous transperce : c'est le silence entre mes notes qui vous absorbe, et, comme la houle sur le rivage, il vous ramène chez vous, en vous.
    Maintenant, souriez."

  • #33

    AP (samedi, 11 avril 2020 12:26)

    Jeu 6 - Poème pyramidal en 9 - "Répondre à l'appel"

    Partir
    Si loin
    Pour revenir, et,
    Heureux, avec les siens,
    Convaincu, persuadé, certain : "plus jamais"
    Puis une odeur, un petit rien,
    Une brise salée, sinon une simple pensée,
    Alors change son regard, retisse ce bleu lien
    Qui unit mers et marins. Sûr, il repartira naviguer.

  • #32

    AP (samedi, 11 avril 2020 12:11)

    Jeu 4 - Haïkus - "Renaître" - à lire ensemble ou séparément

    A bout de souffle
    Sourire d'un mourant
    Chahut d'un enfant

    A bout de force
    Un rayon perce le vent
    Réveil du printemps


  • #31

    brigitte (vendredi, 10 avril 2020 17:31)

    Répondre à l'appel
    Terre
    terre nourricière
    Belle, majestueuse, éternelle
    Tu épouses le ciel
    Comme la lune le soleil
    La mer unit, sépare les continents
    permettant à chaque être vivant de découvrir
    Ton immensité, ta beauté, ta merveilleuse perfection, ta puissance
    Comme le vers minuscule qui travaille nos champs
    Petite fille bleue, unique dans l'univers galactique
    Tu nous donnes eau, lumière, chaleur
    Chacun y trouve vie, bonheur
    Le créateur te protège
    Tu nous aimes
    Je t'appelle
    Mère

  • #30

    Pierre (jeudi, 09 avril 2020 11:03)

    Horizon
    Ligne de mire
    En face de moi.
    Ne pas regarder en bas,
    Je marche sur un fil.
    Tout ce qui occupe ma pensée
    Est ce qui me tient toujours éveillé.
    Avancer en pleine conscience de chaque pas posé.
    Comme le trait du pinceau dessine le paysage lointain.

  • #29

    Mad (mercredi, 08 avril 2020 11:10)

    Le voyageur du rêve
    Écouter
    L'eau ruisseler.
    devenir ce rocher
    Immobile,effleuré sans cesse
    Lustré,poli par la rivière,
    Caressé goutte après goutte chaque jour;
    Étincelant,alangui par les rayons du soleil.
    Baigner dans la douceur du monde,être soi
    Enfin refléter la lumière et faire chanter le courant.

  • #28

    Françoise S. (mardi, 07 avril 2020 21:24)

    le voyageur du rêve
    Eaux
    Murmures joyeux
    Esprit de liberté
    Chant de la vie
    Source originelle de l’enfantement….
    Porte en ton sein si tumultueux
    Nos rêves fous et nos humaines pauvretés.
    Conduis-les vers un univers empreint de paradis
    Et offre à toute la Terre une part d’enchantement.

  • #27

    Anne COUSIN (mardi, 07 avril 2020 14:15)

    Répondre à l’appel

    Balade
    Le bois
    Les sentiers cachés
    Mes arbres du silence
    Canopée dans la lumière dorée
    Bonheur, réjouissance des pas sur terre
    Humer le silence de la ville abandonnée
    Accueillir la cantate des oiseaux, la sève vivante.
    Limite joyeusement dépassée pour la respiration de mon âme.

  • #26

    Joce (mardi, 07 avril 2020 10:42)

    Ame chien loup

    Juste un temps,
    tu m'as posé ta tendresse comme on pose un bouquet de fleurs sur une table abandonnée afin de se souvenir d'un émerveillement en sommeil.
    Patiemment, tu as quotidiennement retissé cette relation.
    Toujours présent, ou en silence, ou en jeux, ou en geste délicat à fleur de cuisse de mains, ou de pas ensemble accordés.
    Merci pour ce passage.

                                                                                                              Le chagrin et la grâce


" C’est difficile de s’adresser à quelqu’un pour expliquer ce qu’on a vécu, mais si on passe par le biais de l’œuvre d’art (…), vous devenez le tiers dont vous pouvez parler. (…) Si je fais le détour par l’œuvre, si j’éloigne l’information, je communique mieux avec vous parce que je ne suis plus seul avec mon fracas intérieur. (…) Parce que j’ai réussi à en faire une représentation que l’on peut maintenant partager. On habite enfin le même monde. "   Boris Cyrulnik